JULIUS
Photographe
Professionnel
Bonjour et bienvenue !
Commençons par les présentations : je m’appelle Julien Ghrib, j’ai 22 et je suis étudiant à Strasbourg.
Après le lycée, j’ai passé les trois dernières années successivement en Deug d’Arts Plastiques, puis en classe préparatoire à l’Institut Supérieur d’Arts Appliqués de Strasbourg et aux beaux arts (Ecole Supérieure d’Art d’Epinal) pour finir. Aujourd’hui, c’est pour le plaisir que je pratique le graphisme, l’illustration et la photographie, en tant qu’amateur passionné, sans pour autant oublier mes années de formation artistique.
Mon goût pour l’image s’est développé en même temps que je découvrais la photographie et c'est en argentique que j’ai fait mes premiers pas. Je suis rapidement « passé au numérique », qui par sa nature même favorise l’expérimentation. Les « peintures photographiques » doivent être vues comme les formes embryonnaires d’une recherche photographique personnelle. Elles sont le résultat d’un cheminement artistique, en maturation permanente, qui prit forme alors que j’avais 17 ans et qui est sûrement loin de s’achever.
Afin d’expliquer ma démarche, il convient de parler ici du rôle qu’a joué la lumière dans ce cheminement, et la façon dont j‘en suis arrivé aux « peintures photographiques ».
La lumière est ma matière première : le matériau brut auquel je tente de donner une forme. Si la lumière est à la base du processus photographique, il n’est pas rare que les photographes la réduisent à son rôle d’éclairage.
Elle est beaucoup plus intéressante à mon gout lorsque le photographe la maitrise afin de « modeler » ses images. Ainsi, je suis particulièrement sensible aux lumières « sculpturales », qui dans la pénombre découpent et révèlent la matière. Mais j’apprécie aussi les lueurs douces, subtiles et colorées que nous offre la nature. Etant citadin, les sources de lumière artificielle m’entourent et m’attirent naturellement. Si bien qu’à l’occasion de mes promenades nocturnes, je me compare souvent à un papillon de nuit, virevoltant invariablement d’une source de lumière à une autre… Les néons des enseignes, l’éclairage des vitrines, l’éclairage urbain ou encore les guirlandes de Noel représentent à mes yeux une inépuisable source de matière première qui ne demande qu’a être exploitée.
Au fur et à mesure de mes pérégrinations photographiques, j’en suis venu à faire de la lumière mon modèle favori. Dans cet immense terrain de jeu qu’est la ville, j’ai alors favorisé l’expérimentation, alternant les points de vue et les sujets. Mais je me contentais alors de photographier les choses telles que je les voyais, sans vraiment réussir à faire ressortir dans mes images tout ce que la lumière me faisait ressentir.
J’ai alors commencé une série de photographies de phares de voitures en mouvement. Et c’est précisément ce mouvement qui a considérablement élargi le champ de mes recherches. En effet, celui-ci sera à la base de chaque « peinture photographique », c’est lui qui lui donnera sa forme. Un soir où je photographiais ma rue, une voiture qui passait par là laissa sur l’écran de mon petit appareil numérique une trainée de lumière en forme d’arc de cercle dû aux phares du véhicule. Cette première expérience, qui n’a rien d’exceptionnel, fut à l’origine de la naissance des « peintures photographiques ». En effet, j’admirais la beauté et la simplicité de cette lumière. Cette photographie me plaisait, et de retour chez moi, je m’apprêtais à la recadrer grâce à Photoshop afin d’éliminer une fenêtre allumée gênante sur un bord de l’image avant de l’imprimer.
Mais soudain, une erreur de manipulation inversa les couleurs de la photographie de sorte que j’avais devant les yeux une image nouvelle aux tons bleutés. L’élégante trainée de lumière blanche avait fait place à une inquiétante trace noire qui conférait à l’image un aspect « graphique » que je n’aurais jamais imaginé. Après avoir supprimé la fenêtre gênante, l’image étant libérée de la seule référence visible à la réalité qu’elle comportait, elle me parut bien plus intéressante que la photographie originale. J’eus immédiatement envie d’expérimenter encore ce rendu particulier qui m’évoquait la peinture. J’ai alors multiplié les essais en essayant d’exclure de mes cadrages tous les éléments « autres » que la lumière, afin de concentrer mon regard sur ses formes et ses variations.
Après quelques séries, j’ai imprimé une de ces images afin de faire le point. C’est alors que je me suis demandé si ce que je tenais entre les mains était encore une photographie… Tournant l’image dans tous les sens, je ne voyais aucun indice permettant de l’affirmer. Vu de loin cette image aurait aussi bien pu être une peinture. La série des « peintures photographiques » était née.
A cette époque cependant, je les appelais encore « peintures lumineuses », car tel était le titre que j’avais donné à la première image de cette série. Ces termes définissaient parfaitement l’image que j’avais sous les yeux, et la référence à l’étymologie même du mot « photographie » me paraissait intéressante. C’est plus de deux ans plus tard, au cours d’une recherche sur le thème de la lumière, que j’ai découvert le « light painting » : une technique bien connue qui consiste à dessiner grâce à la lumière des formes dans la pénombre. Cette technique qui s’apparente au Tag et qui est souvent utilisés par les « graffeurs ». Bien sur, je savais que je n’avais rien inventé en photographiant la lumière avec un long temps de pose, mais je fus cependant très déçu que le nom de « peinture lumineuse » soit déjà utilisé. Ma technique n’étant pas rigoureusement identique à celle utilisée par les « light painters », j’ai alors décidé d’appeler ma série « Peintures photographiques ».
Cette recherche photographique, depuis son origine, a pour objectif d’effacer encore un peu plus la frontière entre peinture et photographie, en se plaçant dans cet espace flou qui les sépare. Encore aujourd’hui, alors que mes expérimentations continuent, cet objectif est toujours le mien. Afin d’effacer cette frontière, je m’efforce de diversifier les rendus, les « formes » et les couleurs qui évoquent tour à tour plusieurs techniques de peinture différentes, de l’aérographe à l’encre de Chine.
Avant d’être reconnue en tant qu’art à part entière, la photographie n’était qu’une technique. Pourtant, dès son invention elle attira de nombreux artistes qui voyaient en elle plus qu’une technique purement objective permettant de capturer « le fidèle témoignage de l’expérience d’un moment ». Les pictorialistes du XIXe siècle le prouvèrent alors que la photographie devenait «la très humble servante des arts », selon l’expression de Baudelaire. La peinture et la photographie s’influencent et se complètent mutuellement. Peut-être la série des « peintures photographiques » est elle une synthèse de ces apports mutuels ?
Ceci étant dit, je vous souhaite une très agréable visite !
A bientôt,
Julien
Commençons par les présentations : je m’appelle Julien Ghrib, j’ai 22 et je suis étudiant à Strasbourg.
Après le lycée, j’ai passé les trois dernières années successivement en Deug d’Arts Plastiques, puis en classe préparatoire à l’Institut Supérieur d’Arts Appliqués de Strasbourg et aux beaux arts (Ecole Supérieure d’Art d’Epinal) pour finir. Aujourd’hui, c’est pour le plaisir que je pratique le graphisme, l’illustration et la photographie, en tant qu’amateur passionné, sans pour autant oublier mes années de formation artistique.
Mon goût pour l’image s’est développé en même temps que je découvrais la photographie et c'est en argentique que j’ai fait mes premiers pas. Je suis rapidement « passé au numérique », qui par sa nature même favorise l’expérimentation. Les « peintures photographiques » doivent être vues comme les formes embryonnaires d’une recherche photographique personnelle. Elles sont le résultat d’un cheminement artistique, en maturation permanente, qui prit forme alors que j’avais 17 ans et qui est sûrement loin de s’achever.
Afin d’expliquer ma démarche, il convient de parler ici du rôle qu’a joué la lumière dans ce cheminement, et la façon dont j‘en suis arrivé aux « peintures photographiques ».
La lumière est ma matière première : le matériau brut auquel je tente de donner une forme. Si la lumière est à la base du processus photographique, il n’est pas rare que les photographes la réduisent à son rôle d’éclairage.
Elle est beaucoup plus intéressante à mon gout lorsque le photographe la maitrise afin de « modeler » ses images. Ainsi, je suis particulièrement sensible aux lumières « sculpturales », qui dans la pénombre découpent et révèlent la matière. Mais j’apprécie aussi les lueurs douces, subtiles et colorées que nous offre la nature. Etant citadin, les sources de lumière artificielle m’entourent et m’attirent naturellement. Si bien qu’à l’occasion de mes promenades nocturnes, je me compare souvent à un papillon de nuit, virevoltant invariablement d’une source de lumière à une autre… Les néons des enseignes, l’éclairage des vitrines, l’éclairage urbain ou encore les guirlandes de Noel représentent à mes yeux une inépuisable source de matière première qui ne demande qu’a être exploitée.
Au fur et à mesure de mes pérégrinations photographiques, j’en suis venu à faire de la lumière mon modèle favori. Dans cet immense terrain de jeu qu’est la ville, j’ai alors favorisé l’expérimentation, alternant les points de vue et les sujets. Mais je me contentais alors de photographier les choses telles que je les voyais, sans vraiment réussir à faire ressortir dans mes images tout ce que la lumière me faisait ressentir.
J’ai alors commencé une série de photographies de phares de voitures en mouvement. Et c’est précisément ce mouvement qui a considérablement élargi le champ de mes recherches. En effet, celui-ci sera à la base de chaque « peinture photographique », c’est lui qui lui donnera sa forme. Un soir où je photographiais ma rue, une voiture qui passait par là laissa sur l’écran de mon petit appareil numérique une trainée de lumière en forme d’arc de cercle dû aux phares du véhicule. Cette première expérience, qui n’a rien d’exceptionnel, fut à l’origine de la naissance des « peintures photographiques ». En effet, j’admirais la beauté et la simplicité de cette lumière. Cette photographie me plaisait, et de retour chez moi, je m’apprêtais à la recadrer grâce à Photoshop afin d’éliminer une fenêtre allumée gênante sur un bord de l’image avant de l’imprimer.
Mais soudain, une erreur de manipulation inversa les couleurs de la photographie de sorte que j’avais devant les yeux une image nouvelle aux tons bleutés. L’élégante trainée de lumière blanche avait fait place à une inquiétante trace noire qui conférait à l’image un aspect « graphique » que je n’aurais jamais imaginé. Après avoir supprimé la fenêtre gênante, l’image étant libérée de la seule référence visible à la réalité qu’elle comportait, elle me parut bien plus intéressante que la photographie originale. J’eus immédiatement envie d’expérimenter encore ce rendu particulier qui m’évoquait la peinture. J’ai alors multiplié les essais en essayant d’exclure de mes cadrages tous les éléments « autres » que la lumière, afin de concentrer mon regard sur ses formes et ses variations.
Après quelques séries, j’ai imprimé une de ces images afin de faire le point. C’est alors que je me suis demandé si ce que je tenais entre les mains était encore une photographie… Tournant l’image dans tous les sens, je ne voyais aucun indice permettant de l’affirmer. Vu de loin cette image aurait aussi bien pu être une peinture. La série des « peintures photographiques » était née.
A cette époque cependant, je les appelais encore « peintures lumineuses », car tel était le titre que j’avais donné à la première image de cette série. Ces termes définissaient parfaitement l’image que j’avais sous les yeux, et la référence à l’étymologie même du mot « photographie » me paraissait intéressante. C’est plus de deux ans plus tard, au cours d’une recherche sur le thème de la lumière, que j’ai découvert le « light painting » : une technique bien connue qui consiste à dessiner grâce à la lumière des formes dans la pénombre. Cette technique qui s’apparente au Tag et qui est souvent utilisés par les « graffeurs ». Bien sur, je savais que je n’avais rien inventé en photographiant la lumière avec un long temps de pose, mais je fus cependant très déçu que le nom de « peinture lumineuse » soit déjà utilisé. Ma technique n’étant pas rigoureusement identique à celle utilisée par les « light painters », j’ai alors décidé d’appeler ma série « Peintures photographiques ».
Cette recherche photographique, depuis son origine, a pour objectif d’effacer encore un peu plus la frontière entre peinture et photographie, en se plaçant dans cet espace flou qui les sépare. Encore aujourd’hui, alors que mes expérimentations continuent, cet objectif est toujours le mien. Afin d’effacer cette frontière, je m’efforce de diversifier les rendus, les « formes » et les couleurs qui évoquent tour à tour plusieurs techniques de peinture différentes, de l’aérographe à l’encre de Chine.
Avant d’être reconnue en tant qu’art à part entière, la photographie n’était qu’une technique. Pourtant, dès son invention elle attira de nombreux artistes qui voyaient en elle plus qu’une technique purement objective permettant de capturer « le fidèle témoignage de l’expérience d’un moment ». Les pictorialistes du XIXe siècle le prouvèrent alors que la photographie devenait «la très humble servante des arts », selon l’expression de Baudelaire. La peinture et la photographie s’influencent et se complètent mutuellement. Peut-être la série des « peintures photographiques » est elle une synthèse de ces apports mutuels ?
Ceci étant dit, je vous souhaite une très agréable visite !
A bientôt,
Julien







