ILLIANA ROBIN
Sculpteur, Céramiste, Peintre
Professionnel
5 Décembre 2010 09:21
Antoine CARLIER MONTANARI 
La femme est ici une quête, une sorte d'aboutissement, une statue à vénérer. L'artiste semble vouer un culte au corps féminin et martèle l'émotion qui la sublime dans une série de sculptures et d'aquarelles propices à émerveiller le regard. Son expression dessine les contours de ce que l'on pourrait appeler la volupté et avec beaucoup de sensibilité, Illiana Robin nous convoque dans le harem d'Ingres. Ici les femmes ont la silhouette plus fine, ce sont d'avantage des muses que des mères. Leur expression corporelle chatouille les sens, suggère l'émotion intime, le regard porté à la sensualité. Un maniérisme dévoilé dans des travaux très personnels où l'artiste semble exprimer un désir intime, signant par là sa propre personnalité. Son talent répète et régénère l'inspiration qui la motive et tente de sacraliser la gestuelle féminine dans une incarnation figée propre à évoquer ses passions. Ouvertement transposé dans la matière et sur le papier, Illiana Robin dévoile son amour pour le corps humain et enracine son expression dans une vision juste, précise de notre nature. L'absence de l'homme révèle toutefois un manque étrange à l'oeuvre, un oubli volontaire qui peut singulariser la démarche ou l'impossibilité pour l'artiste de s'engager dans cette contemplation. La femme reste dons sa seule aventure, une femme libérée, idoine aux concepts modernes, symbolisant avant tout l'émancipation retrouvée du paradis perdu mais symbolisant aussi sa solitude. La femme d'Illiana Robin est une femme de peau et de chair, qui érafle avec douceur la masculinité et qui semble nous cacher quelque chose dans le sens où sa présence sculpturale dévoile une attente, un comportement soucieux d'elle même mais en quête de réponses qu'elle n'a pas encore. L'émotion transmise au regard du travail accompli nous gratifie d'une douce complainte et l'on ne ressort pas sans ressentir une certaine tendresse pour la femme. Le regard de l'artiste distille une certaine complaisance à l'épanouissement personnel, son édification dans le retour à soi et nous délivre ainsi une suite harmonieuse d'Aphrodite ou de Vénus. Illiana Robin célèbre à sa manière l'amour, la séduction et la beauté dans une équivalence mortelle et dans ce qu'il y a de plus simple.







