HAIA.M
Peintre
Haïa MARUANI est née en 1971 et fait de la peinture depuis son enfance.
Des études d'Arts Plastiques à la Sorbonne, les oeuvres de Van Gogh,
Matisse, Mondrian, des lectures de philosophes (Heidegger, Hegel, Kant,
Aristote) contribuent à définir ses goût esthétiques et sa vision du
monde
LE THEME DU RIEN A TRAVERS DES MOMONOTYPES A L’ENCRE D’IMPRIMERIE,
OEUVRES ABSTRAITES
Le point de départ de mon travail a été une série d’interrogations sur
ce qu’est la création, ce que je peins, quels sont mes sujets , quel
message je cherche à transmettre. Le monotype est un procédé technique
qui consiste à dessiner directement sur une plaque de métal avec de
l’encre grasse, puis à faire un tirage unique à la presse avant que le
motif n’ait eu le temps de sécher. Cela m’a intéressé dans la
perspective de mon questionnement sur le «Rien» car c’est une pratique
de l’aléatoire. On ne sait pas exactement par avance ce qui apparaîtra
sur la feuille de papier une fois qu’elle sera sortie de la presse
d’imprimerie composée de grands rouleaux en métal.
J’ai utilisé des éléments de la nature tels que des feuilles, des
écorces et des branches d’arbre, toutes sortes de végétaux et de
papiers (papier bulle, papier de soie, papier froissé,...), des
éléments tels que des cédéroms, des fils électriques, etc. Je les ai
placés sur la plaque de zinc où j’avais pris soin d’apposer des
empreintes d’encres noires et colorées, puis j’ai posé la feuille de
papier blanc sur la composition, j’ai passé le tout dans la presse et
j’ai décollé la feuille blanche de la plaque de zinc. Peu à peu, on
finit par connaître les effets plastiques obtenus suivant les cas,
jusqu’à pouvoir maîtriser les types d’empreintes, ces drôles de motifs
abstraits. Le résultat est surprenant, des motifs colorés modernes
donnent parfois lieu à des paysages abstraits ou des formes inattendues
comme un grillage, une résille provoquée par l’application de papier
bulle encré.
Ces monotypes à l’encre d’imprimerie sur papier traduisent une
réflexion sur le thème du «rien», distinct du néant. C’est en
particulier dans la tradition chinoise (DAO) où le «vide est
fondamental» que j’ai trouvé un écho à ma problématique, à mes
questionnements sur le «rien». Dans le Dao De Jing (Chapitre II), il
est dit : «D’une motte de glaise, on façonne un vase, ce vide dans le
vase en permet l’usage». Jean-Marc KESPI explique dans son ouvrage
CREATIONS ET PROJETS Le judaïsme est une source d'inspiration très
riche, notamment les fêtes qui sont riches de sens et qui rythme la vie
quotidienne des Israëlites. C'est pourquoi tenter d'illustrer des
lectures bibliques et midrachiques, tenter de dessiner des concepts est
devenu au fils des années le fil directeur de travail artistique.







