Gabriel Zrihen travaille sur nos déambulations urbaines quotidiennes.
La ville est l’espace de toutes les expressions.
Il travaille sur les signes de cette urbanité ainsi que sur leurs symboles.
Ces signes qui sont les témoins et les représentants du monde politique, économique et social dont nous faisons partie.
Les
vitrines des magasins ou les affiches par exemple reflètent un aspect
important mais fuyant de la réalité économique, sociale et culturelle.
En raison de l'éparpillement et de la variété de ses figurations, elles
vont à l'encontre de la représentation idéalisée et statique que la
société aime donner d'elle-même. Elles sont un inconscient qui
fonctionne au grand jour, qui « crève les yeux » et qui, par la
dispersion de ses manifestations, prend l'attention en défaut. Ces
médias, grossissent, par l'image et le slogan, l'importance de l'objet
ou de l'événement évoqué, qu'ils situent comme marchandise.
Interpellé,
entre autres, par ces Méga Affiches appelées Billboard qui trônent sur
les murs des immeubles américains, Gabriel Zrihen évoque le malentendu
quant à son rôle exact qui est de « promouvoir ».
Les images véhiculées deviennent, du même coup, équivoques.
L’artiste les détourne du rôle qu'elles tenaient pour s'inscrire dans la perspective d'une production artistique.
Il donne une forme de dignité à ces signes à l’origine triviaux voire vulgaires.
Ces
multiples signes urbains auxquels font écho les images de la télévision
et les flashes de la radio qui s'adressent à l'ensemble des
consommateurs, des sous-ensembles constitués d'amateurs d'art, de
théâtre, de cinéma d'art et d'essai, d'écologie, Gabriel Zrihen les
détournent de leur vocation pour les transformer en éléments de
jouissance esthétique, à travers le miroir d'un art de vivre.
Gabriel Zrihen est un urbain, amoureux des villes qu’il voudrait plus belles.
Des
espaces de vie ou les couleurs de la joie, l’amour, la surprise
prendraient la place de la violence, l’intolérance et la misère.
C’est cette vision qu’il nous offre dans ses travaux.