Jean-Marc DALLANEGRA
Peintre
L'ETOILE BLANCHE
On pense au devenant, on parle en avant, on se découvre, on avance, on
se retrouve quelquefois passager. En route. Comme si Jean-Marc nous
avait laissé une place pour dire « vous avez une place dans la vie »…
de passager à passeur, sur une « Route de Dallanegra », la ligne est
vite franchie. Quand on est embarqué avec lui, rien ne peut s’arrêter.
Le blanc à l’huile est un médium difficile. Il ne supporte pas le
coton, ni les châssis verts qui se vrillent… Passées les premières
surprises, encouragé, conseillé, suivi de près par ceux qui passent et
viennent devant la vitrine, et qui voient - toile après toile - le
travail avancer et qui - un jour - entrent, m’en parlent et puis, tout
naturellement, comme lui, rêvent de la suivante et invitent d’autres à
faire le même chemin… c’est ça une « Route Blanche de Dallanegra ». Une
route qui avance toujours. Au fur et à mesure du passage des uns et des
autres, selon le temps, la lumière, kilomètre après kilomètre.
Dallanegra maîtrise ce blanc.
Il y a quelque temps, je suis parti livrer deux toiles avec Jean-Marc
Dallanegra. Partis de Paris à Bâle, via Thionville, nous avons roulé du
matin au soir. Mille quatre cent kilomètres ont défilé, des routes
bordées de neige avec des maisons, d’autres au milieu des champs… au
fur et à mesure, la lumière changeait, la neige recouvrait quelquefois
les forêts, et derrière les grandes descentes il y avait un horizon.
J’étais devant ma toile qui défile. C’est là dans ce voyage que j’ai
ressenti des impressions que j’avais eues depuis trois ans devant ses
toiles. Contrairement à son habitude ce n’est pas Jean-Marc qui
photographiait en conduisant, c’était moi, inspiré par mon conducteur
peintre.
Au retour, après avoir essuyé une tempête de neige et publié les photos
sur le site web, j’ai compris qu’on avait tous un rôle à jouer : le
peintre, celui qui regarde, celui qui passe devant la galerie, le
passager du véhicule... Mon impression n’est pas celle d’un critique,
c’est celle de celui qui expose le travail de Dallanegra, la même que
celle de ceux qui s’arrêtent devant les toiles : mes premières
impressions, mes premiers mots sur ce travail, c’est dans le regard des
autres devant les routes de Dallanegra qu’on peut les lire.
Eric Landau,
Investigateur de la Galerie W
© Galerie W







