Affif CHERFAOUI
Peintre
Professionnel
Autres oeuvres (40) - Vente en ligne (29)
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Affif CHERFAOUI, Peintre
Né en 1948 à Oran, Algérie.
Vit et travaille à La Meillerayé de Bretagne, France.
Ecoles des Beaux Arts - Oran,Tourcoing, Nantes.
Membre de l'Association d'Artistes l'Atelier du Caire.
EXPOSITIONS PERSONNELLES (extraits)
9/11/11 au 14/01/12 "Porteur de rêve" à la Médiathèque de Bouguenais
2007 Novembre "Les Lieux Révélés" sous l'égide du Musée National Zabana, du Centre Culturel Français d'Oran et de l'Association des Arts Plastiques Civ-OEil.
2003 Septembre Dans le cadre de l'Année de l'Algérie en France, exposition rétrospective "D'un rivage à l'autre", Espace Diderot, Rezé, France.
2002 Mai Galerie Clergeau, "Les Andalousies perdues", Ancenis, France.
2002 Août Abbatiale de Saint-Philibert de Grand-Lieu, "L'Invitation au voyage", France.
2001 Eté Atelier personnel, "Un été invincible", La Meillerayé de Bretagne. France.
1998 Galerie la Découverte, "Cités Méditerranéennes", Nantes, France.
1998 Crédit Mutuel de Bretagne, "Cités Méditerranéennes", Saint-Malo, France.
1997 Avril Galerie Khan El Maghraby, Le Caire, Egypte.
1997 Avril Galerie Douroub, Le Caire, Egypte. (Artiste permanent).
1995 Avril Exposition IBM, Nantes, France.
1994 Juillet Chapelle des Pénitents Gris, Caromb, France.
1994 Espace CROUS, Rennes, France.
1994 Février Centre d'information touristique, sous l'égide du Musée National Zabana d'Oran et des Centres Culturels Français d'Oran et de Tlemcen, "Les Andalousies Perdues", Oran, Algérie.
1992 Centre Culturel Algérien, Paris, France.
1986 Exposition itinérante: Oran, Tlemcen, Tizi-Ouzou, Alger, Centre Culturel Français d'Oran, "Les Citrons Bleus", Algérie.
1965 Librairie Monaco, Oran, Algérie.
EXPOSITIONS COLLECTIVES (extraits)
1999 à 2010 Foire exposition, Nantes La Beaujoire, France.
2002 Galerie de Briord, France.
2001 Salon de Saint-Sébastien sur Loire, France.
1998 Salon de Saint-Luce sur Loire, France.
1998 Salon de l'Héronnière, Saint-Aignan de Grand-Lieu, France.
1998 Salon d'Automne, La Fleurayé, Carquefou, France.
1997 à 2001 Salon de Candé, France.
1997 Salon des Arts, Cholet, France.
1997 à 2007 Salon Peinture Sculpture, Les Sorinières, France.
1995 à 2003 L'Association Les Peintres et Sculpteurs Témoins de leur Région", Le Croisic, Guérande, France.
1995 à 2007 Biennale des Amis de l'Art et Salon International œuvres support papier, Nantes, France.
1994 Octobre, Galerie le Rayon Vert, Nantes, France.
1990 à 1994 Salon d'Automne, Rotary Châteaubriant, France.
1991 à 1992 Biennale Internationale d'Auvergne, France.
1987 Première Biennale Internationale, Alger, Algérie.
1986 Participation au Prix International d'Art Contemporain, Monaco, Principauté de Monaco.
COLLECTIONS
Musée National de Zabana, Oran, Algérie.
Collections privées en France et en Algérie. L’homme qui dessine les villes
Petit-fils de sculpteur sur bois, et lui-même décorateur de formation, Affif Cherfaoui semble, dans sa fougue de peintre, tenté par le rêve du ciseleur et du topographe des couleurs. C’est surtout la ville qui le capte aux confins de ce rêve, elle l’anime de gestes précis et minutieux d’artisan de la géométrie (qui sont les siens) pour une résurrection idéelle. Quel qu’en soit le pays, l’endroit ou l’âge, la ville dévoile la magnificence de son corps dénudé en des tracés rigides ou sous le voile agité des couleurs. Une cité passionne plus particulièrement Cherfaoui: Oran, sa ville natale. Elle le passionne plus que toutes les autres villes qu’il a visitées, pour lesquelles il a eu un coup de foudre et qu’il dessinera aussi : Le Caire, Grenade, Lisbonne etc. Hier, c’est-à-dire dans les années 80 et 90 à partir de l’Algérie, et aujourd’hui à partir de la France où il réside, Cherfaoui représentera plusieurs sites d’Oran: L’hôtel de ville, la place 1er Novembre, le théâtre Abdelkader Alloula, le derb, le palais du Dey... Dans les peintures de Cherfaoui, les lieux urbains, édifices publics ou sites anciens gardent certes leur architecture essentielle, mais subissent dans leur surface le souffle de la féerie et du ludique. Tout en lumière, en miniatures ou en efflorescences, ils sont alors d’un autre temps, ni vieux ni à venir mais comme sortis droits non du geste mais du rêve de ceux qui allaient être leurs bâtisseurs. Cherfaoui est hanté par le perdu. Obsessionnellement. Car, lui qui avait quatorze ans à l’indépendance, gardera vivaces les souvenirs d’une Algérie de tous les espoirs. Des rêves se sont brisés en lui, effrités comme des bâtisses dont la pierre se serait brutalement muée en sable. C’est peut-être ce qui explique ce goût passionné qu’il a dans son esthétique pour la reconstruction architecturale, ainsi que le recours à un style proche de l’enluminure, l’arabesque et la miniature qu’on retrouve chez les décorateurs traditionnels de chez nous. Quand il s’agit de la ville, ses œuvres se présentent comme des peintures de sites restaurés selon des schémas et jeux de couleurs qu’on dirait destinés à accueillir l’enfance. Des sites rajeunis; lavés de leurs rides, de leurs épreuves érosives et de ce qui suggère le sérieux de leur fonction. Cherfaoui a d’abord visité les endroits qu’il allait peindre. Il s’y est promené, les a photographiés, en a étudié les plans anciens et récents. De ces visites, il a retenu surtout des images proches de visions, expressions de son rêve perdu. Vieux quartiers, établissements publics, anciennes mosquées d’Oran, ou rives du Nil, rues et sites religieux d’Al Hussein, tous ces endroits visités ont repris vie dans sa peinture: ils ont retrouvé une vigueur, des contours nets à l’intérieur desquels des détails, exhumés d’un autre âge ou imaginés, ont pris place. Courbes, entrelacs, motifs, tout est ressuscité dans une pureté originelle, archétypale. Sur les surfaces murales ou sur celles des objets apparaissent des lignes brisées qui donnent aux tableaux une impression de rythme rapide. Des reflets lumineux, nés de variations chromatiques subtiles, produisent une illusion de porcelaine ou de verre ou encore de tapis diaphane. Mais au-delà de la lumière, les variations de teinte, la division délicate des surfaces emportent le regard dans un mouvement brisé. Celui-ci s’achève souvent dans des impasses où le reçoivent le noir et le blanc comme dans une halte et un silence d’éternité. Zoubida Haggani, qui a le mieux étudié l’œuvre de l’artiste, a si bien décrit la technique de Affif Cherfaoui en disant qu’il «vide l’espace de sa profondeur stéréotypée, et la cité, de la rationalité géométrique qu’a consacrée le geste d’Hippodamus dans l’antique Athènes. Il exhume une ville de l’urbanisme végétal: volutes, entrelacs, et la vieille ville devient l’efflorescence du paysage». L’extrême rigueur des compositions géométriques qui recouvrent les murs et le sol des sites est atténuée par une sorte de tumulte chromatique alentour là où une muraille ou un bois ou encore le ciel entoure la cité. La couleur s’étale sur une grande surface ou se juxtapose à d’autres, sans ligne de séparation; une façon d’expurger la cité de ses tourments, de l’ouvrir, d’effacer sa rupture avec la nature. Une ouverture, un évidement renforcé par l’absence de l’humain dans ces peintures: les couleurs en mosaïque, couleurs du silence, ne sont que l’alphabet d’un langage par lequel l’artiste s’entretient avec des visiteurs qui ne sont plus là. La cité que nous voyons tire sa lumière sans doute de l’émerveillement de l’artiste devant elle, réelle ou songée. Décomposée par le temps, lointaine, refusée ou menacée, son image, d’abord récupérée par le regard, a été livrée aux mains de l’artiste, dieu des formes, qui l’a recomposée dans un geste nocturne, solitaire, osirien.
Source : voix-oranie
The artist Affif Cherfaoui stays true to his vision of Algeria
Affif Cherfaoui retrospective, Musée National Zabana, Oran
ORAN, Algeria, November 12, 2007:
The Algerian artist Affif Cherfaoui attended the opening of his retrospective at the Musée National Zabana in Oran on October 31. The following day, November 1, is a national holiday in Algeria, marking the 1954 declaration of armed resistance against the French colonial government and the beginning of the Algerian war. The timing was accidental but not unimportant - Cherfaoui's art and the violent history of his country have been brushing up against each other for almost 50 years.
Cherfaoui, 59, started classes at the École des Beaux Arts in Oran in October 1962, just four months after Algeria declared its independence from France. "The art school didn't have a good reputation," said the artist. "It was seen as a place of debauchery - they drink wine, they draw nude women."
At the time of independence, Oran was the most Europeanized city in Algeria; within the next year more than a million people fled the country, including most of the art school faculty. In 1966, a professor who had gone back to France arranged visas for his three most promising students. They included Cherfaoui. The artist settled in Nantes, where he met his French wife, Annick. They married in 1969.
It was in Nantes that Cherfaoui developed his signature technique, a layering of Eastern and Western artistic traditions. The current exhibition is dominated by landscapes painted in watercolor, then covered with painstaking geometric patterns reminiscent of African textiles and Arabic calligraphy.
But the couple always talked about going back to Algeria. The new government of the National Liberation Front was calling on educated professionals to do their part to rebuild the country. They returned in 1975 with their two daughters; Cherfaoui accepted a position as a professor at his old art school.
The country he returned to was optimistic but almost bankrupt by the oil crises of 1971 and 1973. Nude models, as well as a healthy supply of paper, had disappeared from the École des Beaux Arts. "It was a question of social mores, but also of budget. We didn't have the money to pay professional models, so students posed fully dressed," he said. Although the National Liberation Front was socialist, it instituted Islam as the state religion.
Students at the art school became more conservative. "They handicapped my teaching," Cherfaoui said. "A rejection of drawing, of portraiture; it was flowers, flowers and more flowers. Some even wanted to put head scarves on the plaster busts." This restraint has carried over into the current exhibition. Although Cherfaoui chose to exhibit several portraits, there are no nudes. "Maybe in a few years," he said. "I am still capable of provocation."
In December 1991, the Islamic Salvation Front, an Islamist political party, swept the parliamentary elections. This was followed by a military coup, purges of journalists, artists and intellectuals, and 10 years of civil war. Cherfaoui's darkest paintings date from this period - blue/black skies and tortured trees. "It was a problem of roots," he said. "We were trying to decide whether to go back to France." He and his wife sent their daughters there first and then followed themselves in 1992.
Cherfaoui ventured back to Oran in February 1994 for an exhibition that was jointly sponsored by the National Museum and the French Cultural Center. The combination was seen as a provocation: "I stayed only six days after the opening. My father called me, he had heard rumors. I found out later that my name was on a list posted at the mosque," he said. On March 5 of the same year, the director of the École de Beaux Arts in Algiers was assassinated.
Back in France, Cherfaoui continued to paint Algeria, working largely from photographs. "To work on Algeria after I left was a form of therapy. It was always in my mind," he said.
The works executed over the next 15 years of forced exile are a combination of willfully idealized views of both North Africa and France. "I sublimate the countryside I see," said the artist. "These places exist, but not as I show them." His reconstructed views remove cars, concrete skyscrappers, and more often than not, people. "I cheat," he said. "It's the principal of creation." It is a world swept clean of modernity, of violence and of human degradation.
During this period, Algeria began to invade his paintings of the French countryside; his depictions of the Loire Valley or the port of Saint-Malo share the same color and luminosity as his paintings of the Oran hills. "I always put the light of Algeria in the darkest and most sinister places in France," he said. Instead of an "imaginary East" - the fantasy harems of Ingres or Delacroix, Cherfaoui has created an "imaginary West" of cotton-candy skies and pale water.
Oran today bears little resemblance to the city depicted in Cherafoui's paintings. What was once a miniature Paris-by-the-sea is now a mixture of crumbling colonial facades and modern urban sprawl. Magnificent beaches and forests are littered with debris. The only truly recognizable elements are the geometric rise of the buildings, the glowing sunlight and the deep blue of the Mediterranean.
Cherfaoui continues to take pictures, carefully framing the shots to hide the half-finished apartment blocks and the omnipresent piles of garbage. "For me, first is color, first is beauty," said the artist. "There is too much ugliness. Even trauma, we can represent with beauty."
His idealized portrait of his native city is equal parts nostalgia for the past and hope for the future. Algeria is a young country - at the end of the civil war in 2002, a little more than 50 percent of the population was under the age of 20.
During the exhibition, which runs until November 22, Cherfaoui will be hosting workshops for students. "I want to show them what Algeria could be." he said, opening his arms as if he were already talking to a group. "It's for you to do."
Né en 1948 à Oran, Algérie.
Vit et travaille à La Meillerayé de Bretagne, France.
Ecoles des Beaux Arts - Oran,Tourcoing, Nantes.
Membre de l'Association d'Artistes l'Atelier du Caire.
EXPOSITIONS PERSONNELLES (extraits)
9/11/11 au 14/01/12 "Porteur de rêve" à la Médiathèque de Bouguenais
2007 Novembre "Les Lieux Révélés" sous l'égide du Musée National Zabana, du Centre Culturel Français d'Oran et de l'Association des Arts Plastiques Civ-OEil.
2003 Septembre Dans le cadre de l'Année de l'Algérie en France, exposition rétrospective "D'un rivage à l'autre", Espace Diderot, Rezé, France.
2002 Mai Galerie Clergeau, "Les Andalousies perdues", Ancenis, France.
2002 Août Abbatiale de Saint-Philibert de Grand-Lieu, "L'Invitation au voyage", France.
2001 Eté Atelier personnel, "Un été invincible", La Meillerayé de Bretagne. France.
1998 Galerie la Découverte, "Cités Méditerranéennes", Nantes, France.
1998 Crédit Mutuel de Bretagne, "Cités Méditerranéennes", Saint-Malo, France.
1997 Avril Galerie Khan El Maghraby, Le Caire, Egypte.
1997 Avril Galerie Douroub, Le Caire, Egypte. (Artiste permanent).
1995 Avril Exposition IBM, Nantes, France.
1994 Juillet Chapelle des Pénitents Gris, Caromb, France.
1994 Espace CROUS, Rennes, France.
1994 Février Centre d'information touristique, sous l'égide du Musée National Zabana d'Oran et des Centres Culturels Français d'Oran et de Tlemcen, "Les Andalousies Perdues", Oran, Algérie.
1992 Centre Culturel Algérien, Paris, France.
1986 Exposition itinérante: Oran, Tlemcen, Tizi-Ouzou, Alger, Centre Culturel Français d'Oran, "Les Citrons Bleus", Algérie.
1965 Librairie Monaco, Oran, Algérie.
EXPOSITIONS COLLECTIVES (extraits)
1999 à 2010 Foire exposition, Nantes La Beaujoire, France.
2002 Galerie de Briord, France.
2001 Salon de Saint-Sébastien sur Loire, France.
1998 Salon de Saint-Luce sur Loire, France.
1998 Salon de l'Héronnière, Saint-Aignan de Grand-Lieu, France.
1998 Salon d'Automne, La Fleurayé, Carquefou, France.
1997 à 2001 Salon de Candé, France.
1997 Salon des Arts, Cholet, France.
1997 à 2007 Salon Peinture Sculpture, Les Sorinières, France.
1995 à 2003 L'Association Les Peintres et Sculpteurs Témoins de leur Région", Le Croisic, Guérande, France.
1995 à 2007 Biennale des Amis de l'Art et Salon International œuvres support papier, Nantes, France.
1994 Octobre, Galerie le Rayon Vert, Nantes, France.
1990 à 1994 Salon d'Automne, Rotary Châteaubriant, France.
1991 à 1992 Biennale Internationale d'Auvergne, France.
1987 Première Biennale Internationale, Alger, Algérie.
1986 Participation au Prix International d'Art Contemporain, Monaco, Principauté de Monaco.
COLLECTIONS
Musée National de Zabana, Oran, Algérie.
Collections privées en France et en Algérie. L’homme qui dessine les villes
Petit-fils de sculpteur sur bois, et lui-même décorateur de formation, Affif Cherfaoui semble, dans sa fougue de peintre, tenté par le rêve du ciseleur et du topographe des couleurs. C’est surtout la ville qui le capte aux confins de ce rêve, elle l’anime de gestes précis et minutieux d’artisan de la géométrie (qui sont les siens) pour une résurrection idéelle. Quel qu’en soit le pays, l’endroit ou l’âge, la ville dévoile la magnificence de son corps dénudé en des tracés rigides ou sous le voile agité des couleurs. Une cité passionne plus particulièrement Cherfaoui: Oran, sa ville natale. Elle le passionne plus que toutes les autres villes qu’il a visitées, pour lesquelles il a eu un coup de foudre et qu’il dessinera aussi : Le Caire, Grenade, Lisbonne etc. Hier, c’est-à-dire dans les années 80 et 90 à partir de l’Algérie, et aujourd’hui à partir de la France où il réside, Cherfaoui représentera plusieurs sites d’Oran: L’hôtel de ville, la place 1er Novembre, le théâtre Abdelkader Alloula, le derb, le palais du Dey... Dans les peintures de Cherfaoui, les lieux urbains, édifices publics ou sites anciens gardent certes leur architecture essentielle, mais subissent dans leur surface le souffle de la féerie et du ludique. Tout en lumière, en miniatures ou en efflorescences, ils sont alors d’un autre temps, ni vieux ni à venir mais comme sortis droits non du geste mais du rêve de ceux qui allaient être leurs bâtisseurs. Cherfaoui est hanté par le perdu. Obsessionnellement. Car, lui qui avait quatorze ans à l’indépendance, gardera vivaces les souvenirs d’une Algérie de tous les espoirs. Des rêves se sont brisés en lui, effrités comme des bâtisses dont la pierre se serait brutalement muée en sable. C’est peut-être ce qui explique ce goût passionné qu’il a dans son esthétique pour la reconstruction architecturale, ainsi que le recours à un style proche de l’enluminure, l’arabesque et la miniature qu’on retrouve chez les décorateurs traditionnels de chez nous. Quand il s’agit de la ville, ses œuvres se présentent comme des peintures de sites restaurés selon des schémas et jeux de couleurs qu’on dirait destinés à accueillir l’enfance. Des sites rajeunis; lavés de leurs rides, de leurs épreuves érosives et de ce qui suggère le sérieux de leur fonction. Cherfaoui a d’abord visité les endroits qu’il allait peindre. Il s’y est promené, les a photographiés, en a étudié les plans anciens et récents. De ces visites, il a retenu surtout des images proches de visions, expressions de son rêve perdu. Vieux quartiers, établissements publics, anciennes mosquées d’Oran, ou rives du Nil, rues et sites religieux d’Al Hussein, tous ces endroits visités ont repris vie dans sa peinture: ils ont retrouvé une vigueur, des contours nets à l’intérieur desquels des détails, exhumés d’un autre âge ou imaginés, ont pris place. Courbes, entrelacs, motifs, tout est ressuscité dans une pureté originelle, archétypale. Sur les surfaces murales ou sur celles des objets apparaissent des lignes brisées qui donnent aux tableaux une impression de rythme rapide. Des reflets lumineux, nés de variations chromatiques subtiles, produisent une illusion de porcelaine ou de verre ou encore de tapis diaphane. Mais au-delà de la lumière, les variations de teinte, la division délicate des surfaces emportent le regard dans un mouvement brisé. Celui-ci s’achève souvent dans des impasses où le reçoivent le noir et le blanc comme dans une halte et un silence d’éternité. Zoubida Haggani, qui a le mieux étudié l’œuvre de l’artiste, a si bien décrit la technique de Affif Cherfaoui en disant qu’il «vide l’espace de sa profondeur stéréotypée, et la cité, de la rationalité géométrique qu’a consacrée le geste d’Hippodamus dans l’antique Athènes. Il exhume une ville de l’urbanisme végétal: volutes, entrelacs, et la vieille ville devient l’efflorescence du paysage». L’extrême rigueur des compositions géométriques qui recouvrent les murs et le sol des sites est atténuée par une sorte de tumulte chromatique alentour là où une muraille ou un bois ou encore le ciel entoure la cité. La couleur s’étale sur une grande surface ou se juxtapose à d’autres, sans ligne de séparation; une façon d’expurger la cité de ses tourments, de l’ouvrir, d’effacer sa rupture avec la nature. Une ouverture, un évidement renforcé par l’absence de l’humain dans ces peintures: les couleurs en mosaïque, couleurs du silence, ne sont que l’alphabet d’un langage par lequel l’artiste s’entretient avec des visiteurs qui ne sont plus là. La cité que nous voyons tire sa lumière sans doute de l’émerveillement de l’artiste devant elle, réelle ou songée. Décomposée par le temps, lointaine, refusée ou menacée, son image, d’abord récupérée par le regard, a été livrée aux mains de l’artiste, dieu des formes, qui l’a recomposée dans un geste nocturne, solitaire, osirien.
Source : voix-oranie
The artist Affif Cherfaoui stays true to his vision of Algeria
Affif Cherfaoui retrospective, Musée National Zabana, Oran
ORAN, Algeria, November 12, 2007:
The Algerian artist Affif Cherfaoui attended the opening of his retrospective at the Musée National Zabana in Oran on October 31. The following day, November 1, is a national holiday in Algeria, marking the 1954 declaration of armed resistance against the French colonial government and the beginning of the Algerian war. The timing was accidental but not unimportant - Cherfaoui's art and the violent history of his country have been brushing up against each other for almost 50 years.
Cherfaoui, 59, started classes at the École des Beaux Arts in Oran in October 1962, just four months after Algeria declared its independence from France. "The art school didn't have a good reputation," said the artist. "It was seen as a place of debauchery - they drink wine, they draw nude women."
At the time of independence, Oran was the most Europeanized city in Algeria; within the next year more than a million people fled the country, including most of the art school faculty. In 1966, a professor who had gone back to France arranged visas for his three most promising students. They included Cherfaoui. The artist settled in Nantes, where he met his French wife, Annick. They married in 1969.
It was in Nantes that Cherfaoui developed his signature technique, a layering of Eastern and Western artistic traditions. The current exhibition is dominated by landscapes painted in watercolor, then covered with painstaking geometric patterns reminiscent of African textiles and Arabic calligraphy.
But the couple always talked about going back to Algeria. The new government of the National Liberation Front was calling on educated professionals to do their part to rebuild the country. They returned in 1975 with their two daughters; Cherfaoui accepted a position as a professor at his old art school.
The country he returned to was optimistic but almost bankrupt by the oil crises of 1971 and 1973. Nude models, as well as a healthy supply of paper, had disappeared from the École des Beaux Arts. "It was a question of social mores, but also of budget. We didn't have the money to pay professional models, so students posed fully dressed," he said. Although the National Liberation Front was socialist, it instituted Islam as the state religion.
Students at the art school became more conservative. "They handicapped my teaching," Cherfaoui said. "A rejection of drawing, of portraiture; it was flowers, flowers and more flowers. Some even wanted to put head scarves on the plaster busts." This restraint has carried over into the current exhibition. Although Cherfaoui chose to exhibit several portraits, there are no nudes. "Maybe in a few years," he said. "I am still capable of provocation."
In December 1991, the Islamic Salvation Front, an Islamist political party, swept the parliamentary elections. This was followed by a military coup, purges of journalists, artists and intellectuals, and 10 years of civil war. Cherfaoui's darkest paintings date from this period - blue/black skies and tortured trees. "It was a problem of roots," he said. "We were trying to decide whether to go back to France." He and his wife sent their daughters there first and then followed themselves in 1992.
Cherfaoui ventured back to Oran in February 1994 for an exhibition that was jointly sponsored by the National Museum and the French Cultural Center. The combination was seen as a provocation: "I stayed only six days after the opening. My father called me, he had heard rumors. I found out later that my name was on a list posted at the mosque," he said. On March 5 of the same year, the director of the École de Beaux Arts in Algiers was assassinated.
Back in France, Cherfaoui continued to paint Algeria, working largely from photographs. "To work on Algeria after I left was a form of therapy. It was always in my mind," he said.
The works executed over the next 15 years of forced exile are a combination of willfully idealized views of both North Africa and France. "I sublimate the countryside I see," said the artist. "These places exist, but not as I show them." His reconstructed views remove cars, concrete skyscrappers, and more often than not, people. "I cheat," he said. "It's the principal of creation." It is a world swept clean of modernity, of violence and of human degradation.
During this period, Algeria began to invade his paintings of the French countryside; his depictions of the Loire Valley or the port of Saint-Malo share the same color and luminosity as his paintings of the Oran hills. "I always put the light of Algeria in the darkest and most sinister places in France," he said. Instead of an "imaginary East" - the fantasy harems of Ingres or Delacroix, Cherfaoui has created an "imaginary West" of cotton-candy skies and pale water.
Oran today bears little resemblance to the city depicted in Cherafoui's paintings. What was once a miniature Paris-by-the-sea is now a mixture of crumbling colonial facades and modern urban sprawl. Magnificent beaches and forests are littered with debris. The only truly recognizable elements are the geometric rise of the buildings, the glowing sunlight and the deep blue of the Mediterranean.
Cherfaoui continues to take pictures, carefully framing the shots to hide the half-finished apartment blocks and the omnipresent piles of garbage. "For me, first is color, first is beauty," said the artist. "There is too much ugliness. Even trauma, we can represent with beauty."
His idealized portrait of his native city is equal parts nostalgia for the past and hope for the future. Algeria is a young country - at the end of the civil war in 2002, a little more than 50 percent of the population was under the age of 20.
During the exhibition, which runs until November 22, Cherfaoui will be hosting workshops for students. "I want to show them what Algeria could be." he said, opening his arms as if he were already talking to a group. "It's for you to do."
Affif Cherfaoui : d’un rivage à l’autre
- Ecrit le 30 novembre 2005 :
Une très belle exposition a eu lieu à l’école Claude Monet à Châteaubriant.
Fermez les yeux
Imaginez un instant que vous êtes à Oran
Et respirez doucement les odeurs
de Bretagne.
Un éclat blessera soudain vos pupilles :
Vous serez au cœur de la déchirure
(Hamid Skif)
Déchirure ? Ou convergence ? Les œuvres que présente Affif Cherfaoui ont été réalisées en 2003, au moment de l’année de l’Algérie en France. Encre, gouache, huile, aquarelle, sanguine : l’artiste multiplie les techniques au gré de sa fantaisie et de ses supports (toile, carton), au gré de son inspiration Il peint Oran et pense à la Bretagne, il peint Châteaubriant et pense à l’Algérie. « D’un rivage à l’autre » : le thème de l’exposition montre le lien entre la France et l’Algérie, un lien d’histoire, un lien de culture. Affif Cherfaoui n’est pas avare de commentaires. Sa peinture est chaude, vivante, colorée, figurative et en même temps symbolique. Il sait construire un paysage dans toute sa complexité et en souligner les éléments avec la finesse des triangles, des ronds et des points qui caractérise l’art arabe.. Dans tous ses tableaux on ressent l’amour du pays, l’Algérie bien sûr (Oran, Tlemcen), mais aussi la France sa patrie d’adoption (Ile de Ré, île de Bréhat, St Malo). L’artiste affectionne également les constructions graphiques qui expriment son imaginaire et son humour. D’un côté il explique que les trois boules et le croissant qui ornent le sommet des mosquées, évoquent les « Peuples du Livre », l’Islam qui reconnaît les autres religions D’un autre côté, il présente « Les héritiers en goguette » avec le chandelier juif, le croissant de l’islam et la croix du christianisme. Mais que représente donc le quatrième personnage, à droite sur le tableau ? « Ce que vous voulez, l’enfant ou le chien. Histoire de rire ». Humour.Histoire
Pour lui, le kiosque de Châteaubriant rappelle les kiosques de son pays natal, lieux de rencontre et de fête. L’un de ses tableaux porte trois noms :
« les enfants d’octobre » évoque cette épisode tragique de 1988 où l’armée écrasa dans le sang la première révolte des étudiants d’Alger.
« Le fleuve détourné » fait référence à l’écrivain Rachid Mimouni et évoque aussi la première manifestation publique des islamistes en Algérie.
Enfin « Le bleu tragique de l’Algérie » fait référence au bleu algérien qui, cette fois, marqua un des drames de l’histoire de l’Algérie. « C’est pas des petites fleurs dans des vases » dit lui même Affif Cherfaoui qui sait si bien accueillir de jeunes élèves, leur raconter des histoires et des anecdotes autour de chacun de ses tableaux. Et s’il montre des mosquées, lui l’athée, c’est parce que les religions ont durablement façonné les civilisations et l’art. Femme Cherfaoui est aussi un peintre de la Femme avec majuscule et ce n’est pas un hasard si l’exposition présente des extraits des poèmes de son ami Hamid Skif. La mélancolie de « Chaouia », les nus de « Amour et fiel », l’énigme de « Nedjma », « Femme-ville, Femme-forêt, Femme-paysage, Femme-terre, images multiples d’une Algérie, image des Algéries dans les cœurs » écrit Nicole Auffret dans le catalogue de l’expo.
Voir Affif Cherfaoui, à La Meilleraye de Bretagne - ou cliquez formulaire "contact email" ci-contre
Femmes assises dans les replis du temps
les coins tendres de l’âge
Femmes soumises à la corrosion
des regards acides
des menaces chuchotées
et hurlées Femmes de terre et d’eau
palpitantes au premier sifflement d’Adam
Les pommiers ont détourné leurs promesses
et les chariots n’empruntent plus
les sentiers menant aux prairies
Lire la suite de ce très beau poème de Hamid Skif
Peintre algérien, installé à La Meilleraye, Affif Cherfaoui a exposé au Collège de la Ville aux Roses, à Châteaubriant, sur le thème « D’une rive à l’autre ». Au mois de novembre prochain il exposera dans sa ville natale, Oran, des paysages qui parlent aux gens de là-bas comme aux gens de chez nous. Par exemple en montrant le kiosque à musique de Châteaubriant et celui d’Oran. Affif Cherfaoui espère nouer des relations entre des collèges de France et d’Algérie ... d’une rive à l’autre. Le Pont de Mostar Le Pont de Mostar : dans ce tableau Cherfaoui veut évoquer "la métaphore de la bêtise humaine". L’histoire du Pont de Mostar Avant 1945, la population de Mostar comptait 33 % de Croates, 35 % de Bosniaques et 19 % de Serbes Durant la guerre des Balkans (1945-2001), le siège de Mostar est resté largement ignoré des médias internationaux, focalisés sur Sarajevo. Pourtant, la lutte a été féroce dans la ville et aux alentours. Après avoir repoussé ensemble les attaques serbes en 1992, les forces croates et musulmanes se sont déchirées pendant onze mois en 1993. La ligne de front coupe la ville en deux, le long des berges abruptes de la Neretva. Dans la partie Est, la population musulmane va terriblement souffrir du siège : manque de nourriture, pénurie de médicaments, absence d’électricité et de gaz, la vie quotidienne est bien pire que dans la capitale. Dans la partie ouest, où se trouvent les Croates, le ravitaillement est assuré depuis la côte dalmate. Les rares convois humanitaires de l’Onu destiné aux Musulmans sont systématiquement dépouillé de 50% de leur contenu aux check-points croates, au nom d’un « équilibre entre les parties ». Les combats se calmeront progressivement, et les deux armées finiront par coopérer contre les Serbes en 1995 sous la pression internationale. Mais la violence des combats et les souffrances endurées ont marqué les esprits. Douze ans après, les gens n’ont pas oublié ou pardonné, et la ville reste divisée selon l’ancienne ligne de front. Une purification ethnique de fait a eu lieu : Bosniaques à l’est et Croates à l’ouest. Et les deux communautés vivent en s’ignorant : Musulmans et Croates envoient leurs enfants dans des écoles différentes, regardent leurs propres chaînes de télévision et ont leur propre équipe de football. Les tensions restent fortes, et les rares téméraires qui se hasardent sur « l’autre rive » sont encore trop souvent la cible d’agressions provoquées par des groupes de jeunes nationalistes. La mixité entre Serbes, Croates et Musulmans n’est plus qu’un souvenir, un passé que la nouvelle génération n’a pas connu. Le vieux pont qui reliait les deux parties de la ville et qui datait de 1566 a été détruit le 9 novembre 1993. Un nouveau pont a été construit par la communauté internationale et inauguré le 23 juillet 2004. Mettra-t-il fin à la division ethnique ? Le vieux pont de Mostar avait été construit en 1566 par Mimar Hajrudin, un élève du fameux architecte Sinan (père de l’architecture ottomane classique). Le pont était une arche en dos-d’âne qui avait une ouverture de 27 mètres, 4 mètres de largeur et 30 mètres de longueur. La hauteur du pont était de 20 mètres, par rapport au niveau de la rivière en été (niveau maximum). Le pont était flanqué de deux tours fortifiées, la Tour Halebija (rive droite) et la Tour Tara (rive gauche), toutes les deux datant du XVIIe siècle. La solidité de cet ouvrage était telle qu’il résista lorsque, pendant la Deuxième Guerre mondiale, des tanks nazis le traversèrent . Avant la destruction de novembre 1993, le principal danger qui guettait le pont était l’érosion due à l’humidité, mais le processus de dégradation était toutefois bien maîtrisé.



















