ANDRE-VELTZ
Peintre
Professionnel
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texte de réflexion sur la beauté dans l'art.
En 1905 le salon d'automne à Paris accueille des peintres dont la manière d'appliquer la couleur est tellement brutale qu'on les a surnommés les fauves. D'où le nom du mouvement le fauvisme dont le chef de file est le peintre Henri Matisse. Celui-ci entrechoque les tons purs pour opposer les plans donnés par la perspective. L'esthétique fauve permet à l'artiste de crier sa haine du conformisme. Pourtant malgré ce refus du conformisme c'est lui qui a écrit cette citation « il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir ». Que doit-on comprendre à travers ce mot « fleurs » ? Si l'on considère qu'il s'agit vraisemblablement d'une métaphore, il nous est aisé de penser que la fleur symbolise sûrement la beauté. Il faut également remarquer que ce mot est au pluriel. Ce qui nous incite à nous poser quelques questions : la beauté existe-t-elle ? Y a-t-il une ou des beautés ? Et quel que soit cette beauté, le spectateur la voit-elle ? Quelles que soient les réponses à ces questions, de toute façon, ne peut-on dire que la beauté existe ? Elle se manifeste forcément d'une manière ou d'une autre. À partir de ce constat, deux hypothèses fondamentales se font jour. Le beau dans l'art existe : mais de nos jours il est au pluriel. Ainsi on ne conçoit plus la beauté mais des beautés.
Quelques soit la forme qu'elle prend, la beauté existe ! Elle peut avoir une forme triste, choquante, révoltée, anecdotique, comme un radeau de la méduse de Théodore Géricault, mais pourtant elle est bien présente. L'histoire de l'art en regorge d'exemples. De puis la renaissance jusqu'au néoclassicisme on n'en distingue déjà au moins huit. On pourrait nommer le maniérisme du 15e et XVIe siècle, le caravagisme et le baroque du XVIIIe siècle et pour finir le rococo et le néoclassicisme du XVIIIe siècle. Chacun de ses mouvements est là pour témoigner de leurs recherches respectives du beau. Au cours de l'histoire, ne s'improvisait pas peintre qui veut. Il fallait déjà montrer un talent précoce pour le dessin. Ensuite on pouvait se faire admettre dans l'atelier d'un maître. Là il fallait environ sept à 10 ans d'apprentissage du dessin. Puis encore à nouveau le même laps de temps pour apprendre la fabrication des ingrédients, les médiums, les apprêts, broyer la couleur, etc.… L'élève était formée également à la manière de peindre du maître et il n'était pas rare qu'un maître commença un tableau, et que les élèves le finissent. La beauté toujours tributaire des pratiques et des moyens se manifestait alors à travers des réalisations collectives. De même qu'il y eut des différents mouvements de peinture, il y eut également des canons de beauté différent. Un tableau de Bosch n'est pas comparable à Botticelli, de même qu'un le Caravage ne l'est pas vis-à-vis d'un François boucher. De plus il existait des critères de beauté tout prêts définis à l'avance et il fallait les respecter. ils étaient instaurés par les modes de l'époque mais aussi par l'église, car il fallait peindre convenablement selon les normes préétablies. Heureusement pour nous, tous ne respectaient pas les convenances et nombreuses sont les oeuvres qui choquèrent à leur époque. Le Caravage cité un peu plus haut en est un bel exemple. Il est pourtant aujourd'hui considéré comme un génie du XVIIe siècle. On le voit, la notion de beauté était déjà fluctuante au sein d'un cadre pourtant rigide des règles de bonnes moeurs. De nos jours qu'en est-il de cette notion du beau ? On peut dire qu'aujourd'hui comme cela était avant et de façon timide, que le mot n'existe plus et qu'il a laissé place de façon plurielle, non plus à la beauté mais à des beautés. Au début du siècle Daguerre et son daguerréotype sont la preuve que la photographie vient d'être découverte. Ce n'est que le début bien sûr mais Daguerre obtient les premiers tirages. La chimie de même commence à faire des progrès et l'on invente la couleur en tube. Deux conséquences découlent de ces deux découvertes. Plus besoin d'aller chez le peintre pour obtenir un portrait. Et puisque l'objectif de la peinture jusqu'alors se proposer de peindre le réel, qu'advient-il alors de cet objectif. À quoi va servir le peintre ? Ces couleurs peuvent à présent sans dommage sortir hors de l'atelier, et déjà des peintres se hasardent à peindre à l'extérieur la réalité qu'ils perçoivent. Mieux que cela certains décident de peindre leurs impressions. Les impressionnistes sont nés ! Et même s'ils ne sont guère aimés ni appréciés au tout début, ils ont déjà tout bouleversé. Et ce n'est que le début d'une grande aventure, car la suite de l'histoire de la peinture nous montre que de nombreux mouvements vont se succéder au cours de ce XIXe siècle, ce qui déjà avait débuté avec le romantisme. Éclectisme, Glasgowboys, école de Barbizon, académisme, ont été si les préceptes de l'impressionnisme. Aujourd'hui on le sait maintenant de très nombreux mouvements ont eu lieu au cours du 19e et du XXe siècle. L'image et la représentation du réel que se faisaient les anciens s'est dématérialisée au cours des mouvances et de nombreux mouvements abstraits ont vu le jour. Et si l'on pousse le raisonnement plus loin on peut même dire que de nos jours dans les années 2000, il n'existe même plus de mouvements. Le beau tel qu'il était conçu n'existe plus. Et l'on peut dire qu'il existe autant de beaux qu'il y a de peintres. En effet on a le sentiment que chaque artiste à son idée du beau. La venue de la technique acrylique augmente encore les possibilités d'interprétation de la propre technique de l'artiste. On peut mélanger à ce médium, à peu près tout, et les recherches et trouvailles artistiques sont quasiment infinies. De plus de nombreux intellectuels prônent que tout peut être oeuvres d'art. La notion même de techniques ou de capacités techniques a tendance à disparaître au profit de l'expression et de l'inspiration. On peut à présent exposé tout et n'importe quoi ! Et se fait indéniable éprouvé par l'attitude du spectateur qui éprouve parfois des difficultés à identifier le beau dans une oeuvre. En effet que dire d'une oeuvre comme celle de Malevitch carré blanc sur fond blanc ou d'un tableau de Ben où il est écrit « ceci est une oeuvre d'art » ? Cela implique de se questionner sur la notion d'hermétisme d'une peinture. Car en effet certaines oeuvres semblent tellement hermétiques au spectateur qu'il ne saisit pas les intentions de son auteur. Devant de telles oeuvres qu'en est-il de l'esthétique ? Où se trouve le sentiment du beau qui devrait s'en dégager ? Admettons que ce ne soient pas leur but. Peut-être que l'oeuvre serait alors créée dans un autre but. Un but contraire, celui de ne pas montrer du beau, et de se réduire à la simple idée qu'elle n'est que l'expression de quelque chose. Ainsi le renard se trouve bien souvent sur un autre terrain, qui est celui de vouloir dire quelque chose au détriment d'une représentation esthétique. Elle se trouve là pour exprimer du désaccord, de la douleur, ou pour choquer tout simplement. Mais hélas parfois son message nous échappe complètement et il faudrait presque qu'elle soit accompagnée d'un mode d'emploi pour pouvoir en comprendre le sens.
En conclusion, nous dirons que Matisse à travers sa phrase, nous incite à réfléchir sur ce qu'est le beau dans l'art. Au travers du texte qui précède cette conclusion, nous avons tenté de défendre l'idée selon laquelle le beau existe toujours. Dans un premier temps il a été admis que la beauté existe, mais qu'elle doit être aujourd'hui considérée comme une notion à mettre au pluriel : il n'y a plus une, mais des beautés ! Pourtant si le mot existe toujours dans l'art il est parfois difficile à identifier. D'autant plus qu'il est complètement fragmenté. En effet autant d'artistes il y a, autant de notions de beau il existe. Perdu dans ses méandres de la diversité, l'art doit-il continuer ce chemin ou la définition du beau se fragmente ? Et l'ultime question que nous serions à même de nous poser , est la suivante : serait-ce une régression, ou un renouveau pour l'art de renouer avec des traditions oubliées, à savoir recréer des courants artistiques définis par des théories artistiques ?
En 1905 le salon d'automne à Paris accueille des peintres dont la manière d'appliquer la couleur est tellement brutale qu'on les a surnommés les fauves. D'où le nom du mouvement le fauvisme dont le chef de file est le peintre Henri Matisse. Celui-ci entrechoque les tons purs pour opposer les plans donnés par la perspective. L'esthétique fauve permet à l'artiste de crier sa haine du conformisme. Pourtant malgré ce refus du conformisme c'est lui qui a écrit cette citation « il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir ». Que doit-on comprendre à travers ce mot « fleurs » ? Si l'on considère qu'il s'agit vraisemblablement d'une métaphore, il nous est aisé de penser que la fleur symbolise sûrement la beauté. Il faut également remarquer que ce mot est au pluriel. Ce qui nous incite à nous poser quelques questions : la beauté existe-t-elle ? Y a-t-il une ou des beautés ? Et quel que soit cette beauté, le spectateur la voit-elle ? Quelles que soient les réponses à ces questions, de toute façon, ne peut-on dire que la beauté existe ? Elle se manifeste forcément d'une manière ou d'une autre. À partir de ce constat, deux hypothèses fondamentales se font jour. Le beau dans l'art existe : mais de nos jours il est au pluriel. Ainsi on ne conçoit plus la beauté mais des beautés.
Quelques soit la forme qu'elle prend, la beauté existe ! Elle peut avoir une forme triste, choquante, révoltée, anecdotique, comme un radeau de la méduse de Théodore Géricault, mais pourtant elle est bien présente. L'histoire de l'art en regorge d'exemples. De puis la renaissance jusqu'au néoclassicisme on n'en distingue déjà au moins huit. On pourrait nommer le maniérisme du 15e et XVIe siècle, le caravagisme et le baroque du XVIIIe siècle et pour finir le rococo et le néoclassicisme du XVIIIe siècle. Chacun de ses mouvements est là pour témoigner de leurs recherches respectives du beau. Au cours de l'histoire, ne s'improvisait pas peintre qui veut. Il fallait déjà montrer un talent précoce pour le dessin. Ensuite on pouvait se faire admettre dans l'atelier d'un maître. Là il fallait environ sept à 10 ans d'apprentissage du dessin. Puis encore à nouveau le même laps de temps pour apprendre la fabrication des ingrédients, les médiums, les apprêts, broyer la couleur, etc.… L'élève était formée également à la manière de peindre du maître et il n'était pas rare qu'un maître commença un tableau, et que les élèves le finissent. La beauté toujours tributaire des pratiques et des moyens se manifestait alors à travers des réalisations collectives. De même qu'il y eut des différents mouvements de peinture, il y eut également des canons de beauté différent. Un tableau de Bosch n'est pas comparable à Botticelli, de même qu'un le Caravage ne l'est pas vis-à-vis d'un François boucher. De plus il existait des critères de beauté tout prêts définis à l'avance et il fallait les respecter. ils étaient instaurés par les modes de l'époque mais aussi par l'église, car il fallait peindre convenablement selon les normes préétablies. Heureusement pour nous, tous ne respectaient pas les convenances et nombreuses sont les oeuvres qui choquèrent à leur époque. Le Caravage cité un peu plus haut en est un bel exemple. Il est pourtant aujourd'hui considéré comme un génie du XVIIe siècle. On le voit, la notion de beauté était déjà fluctuante au sein d'un cadre pourtant rigide des règles de bonnes moeurs. De nos jours qu'en est-il de cette notion du beau ? On peut dire qu'aujourd'hui comme cela était avant et de façon timide, que le mot n'existe plus et qu'il a laissé place de façon plurielle, non plus à la beauté mais à des beautés. Au début du siècle Daguerre et son daguerréotype sont la preuve que la photographie vient d'être découverte. Ce n'est que le début bien sûr mais Daguerre obtient les premiers tirages. La chimie de même commence à faire des progrès et l'on invente la couleur en tube. Deux conséquences découlent de ces deux découvertes. Plus besoin d'aller chez le peintre pour obtenir un portrait. Et puisque l'objectif de la peinture jusqu'alors se proposer de peindre le réel, qu'advient-il alors de cet objectif. À quoi va servir le peintre ? Ces couleurs peuvent à présent sans dommage sortir hors de l'atelier, et déjà des peintres se hasardent à peindre à l'extérieur la réalité qu'ils perçoivent. Mieux que cela certains décident de peindre leurs impressions. Les impressionnistes sont nés ! Et même s'ils ne sont guère aimés ni appréciés au tout début, ils ont déjà tout bouleversé. Et ce n'est que le début d'une grande aventure, car la suite de l'histoire de la peinture nous montre que de nombreux mouvements vont se succéder au cours de ce XIXe siècle, ce qui déjà avait débuté avec le romantisme. Éclectisme, Glasgowboys, école de Barbizon, académisme, ont été si les préceptes de l'impressionnisme. Aujourd'hui on le sait maintenant de très nombreux mouvements ont eu lieu au cours du 19e et du XXe siècle. L'image et la représentation du réel que se faisaient les anciens s'est dématérialisée au cours des mouvances et de nombreux mouvements abstraits ont vu le jour. Et si l'on pousse le raisonnement plus loin on peut même dire que de nos jours dans les années 2000, il n'existe même plus de mouvements. Le beau tel qu'il était conçu n'existe plus. Et l'on peut dire qu'il existe autant de beaux qu'il y a de peintres. En effet on a le sentiment que chaque artiste à son idée du beau. La venue de la technique acrylique augmente encore les possibilités d'interprétation de la propre technique de l'artiste. On peut mélanger à ce médium, à peu près tout, et les recherches et trouvailles artistiques sont quasiment infinies. De plus de nombreux intellectuels prônent que tout peut être oeuvres d'art. La notion même de techniques ou de capacités techniques a tendance à disparaître au profit de l'expression et de l'inspiration. On peut à présent exposé tout et n'importe quoi ! Et se fait indéniable éprouvé par l'attitude du spectateur qui éprouve parfois des difficultés à identifier le beau dans une oeuvre. En effet que dire d'une oeuvre comme celle de Malevitch carré blanc sur fond blanc ou d'un tableau de Ben où il est écrit « ceci est une oeuvre d'art » ? Cela implique de se questionner sur la notion d'hermétisme d'une peinture. Car en effet certaines oeuvres semblent tellement hermétiques au spectateur qu'il ne saisit pas les intentions de son auteur. Devant de telles oeuvres qu'en est-il de l'esthétique ? Où se trouve le sentiment du beau qui devrait s'en dégager ? Admettons que ce ne soient pas leur but. Peut-être que l'oeuvre serait alors créée dans un autre but. Un but contraire, celui de ne pas montrer du beau, et de se réduire à la simple idée qu'elle n'est que l'expression de quelque chose. Ainsi le renard se trouve bien souvent sur un autre terrain, qui est celui de vouloir dire quelque chose au détriment d'une représentation esthétique. Elle se trouve là pour exprimer du désaccord, de la douleur, ou pour choquer tout simplement. Mais hélas parfois son message nous échappe complètement et il faudrait presque qu'elle soit accompagnée d'un mode d'emploi pour pouvoir en comprendre le sens.
En conclusion, nous dirons que Matisse à travers sa phrase, nous incite à réfléchir sur ce qu'est le beau dans l'art. Au travers du texte qui précède cette conclusion, nous avons tenté de défendre l'idée selon laquelle le beau existe toujours. Dans un premier temps il a été admis que la beauté existe, mais qu'elle doit être aujourd'hui considérée comme une notion à mettre au pluriel : il n'y a plus une, mais des beautés ! Pourtant si le mot existe toujours dans l'art il est parfois difficile à identifier. D'autant plus qu'il est complètement fragmenté. En effet autant d'artistes il y a, autant de notions de beau il existe. Perdu dans ses méandres de la diversité, l'art doit-il continuer ce chemin ou la définition du beau se fragmente ? Et l'ultime question que nous serions à même de nous poser , est la suivante : serait-ce une régression, ou un renouveau pour l'art de renouer avec des traditions oubliées, à savoir recréer des courants artistiques définis par des théories artistiques ?














